Commencer une nouvelle saison, c’est un peu comme ressortir ses chaussures de sport après deux mois de repos : on espère qu’elles n’ont pas rétréci, qu’elles ne vont pas couiner à chaque pas, et qu’on n’a pas oublié comment courir avec. Le CEP Lorient retrouvait son public, ses repères, et cette fameuse pression du premier match à domicile, celle qui fait transpirer avant même le coup d’envoi. En face, Laval arrivait avec l’énergie du promu qui n’a rien à perdre, un peu comme quelqu’un qui débarque à une randonnée sans savoir qu’elle fait 18 kilomètres. Résultat : une rencontre sérieuse, engagée, parfois tendue, mais toujours respectueuse. Et au final, une victoire qui fait du bien, même si elle n’a pas été obtenue sans quelques frissons.
Le début de match est plutôt rassurant : Lorient défend fort, met la pression sur le porteur de balle, et trouve des solutions offensives variées. Le premier quart-temps ressemble à une bonne remise en route : dynamique, propre, mais avec quelques gestes encore un peu rouillés. Le CEP aurait pu creuser un peu plus l’écart, mais les balles perdues rappellent que c’est une reprise. Laval, loin d’être impressionné, resserre ensuite sa défense et profite de quelques approximations pour revenir dans le match. Le deuxième quart-temps reste à l’avantage du CEP, mais l’écart se réduit et on comprend que la soirée ne sera pas une balade tranquille. Au retour des vestiaires, Hartwell décide de transformer le parquet en scène de spectacle. L’Américain de Laval devient intenable, enchaîne les actions de grande classe et ramène son équipe à portée de tir. Le troisième quart-temps est clairement le plus compliqué pour Lorient : défense en retard, attaques moins inspirées, et un adversaire qui commence à y croire sérieusement. On a même vu quelques supporters se redresser sur leur siège, ce qui est généralement le signe que la tension monte. Mais le CEP ne panique pas. Kevin Franceschi prend les choses en main, montre qu’il sait aussi jouer les pompiers de service, et permet de garder quelques possessions d’avance. Le dernier quart-temps ressemble à un bras de fer où chaque panier compte. Laval revient à trois points, la salle retient son souffle, et même les arbitres semblent sentir que la fin de match va être animée. Mais Lorient trouve les solutions au bon moment. Et surtout, l’adresse longue distance devient l’arme fatale : 52 % derrière l’arc, avec un superbe 13/25, un ratio qui ferait sourire n’importe quel coach, même si Laval a été encore plus adroit dans certains secteurs. Cinq joueurs dépassent les dix points, preuve d’un collectif équilibré et capable de répondre dans les moments chauds. Le CEP domine légèrement aux rebonds, reste sérieux aux lancers francs (69 %), et affiche un solide 49 % aux tirs. Bref, un match pas totalement maîtrisé, mais une victoire construite, assumée, et jamais abandonnée. Lorient a mené pendant 40 minutes, même dans les moments de doute. Pour un premier match, c’est plutôt rassurant, et même encourageant pour la suite.
Après la rencontre, les joueurs et le coach ont livré leurs impressions avec lucidité et respect pour l’adversaire. Mathieu Robin reconnaît que le match n’a pas été accompli à 100 %. Une première mi-temps solide, puis un relâchement au retour des vestiaires, mais rien d’alarmant selon lui. La pression du premier match à domicile, l’envie de bien faire, et un adversaire sans complexe ont rendu la soirée plus piégeuse que prévu. Malgré cela, il retient l’essentiel : commencer la saison par une victoire, même dans la difficulté, reste une excellente nouvelle. Et il le dit avec le calme de quelqu’un qui sait que la saison est longue. Victor Maury, pour sa première à la maison, parle lui aussi d’un match piège. Beaucoup d’intensité, peu de repères, et l’obligation de rester concentré. Mais il souligne le bon départ de l’équipe et la capacité à tenir le score malgré les coups de chaud adverses. Pour lui, ce match donne le ton de la saison : il faudra être solide, patient, et prêt à gérer les imprévus. Une analyse simple, mais juste, comme un bon écran défensif. Enfin, Thomas Le Roux apporte une analyse plus globale. Il confirme le bon début de match, pointe le troisième quart-temps compliqué, et rappelle qu’en début de saison, les coups de chaud adverses sont difficiles à gérer. L’équipe est en construction, encore nerveuse, mais animée d’une vraie volonté de bien faire. Le coach insiste sur la stabilité du groupe avec six joueurs conservés et sur la maturité des recrues. Son objectif est clair : avoir dix joueurs capables d’apporter, de s’entendre, et de durer sur toute la saison. Les hauts viendront, les bas aussi, mais l’essentiel est de construire un collectif solide, respectueux du jeu, de l’adversaire et du public.
Ce premier match ne restera pas dans les annales pour sa maîtrise, mais il comptera pour sa valeur symbolique. Le CEP Lorient a gagné, a montré du caractère, et a déjà identifié les axes de progression. Une entrée en matière imparfaite, mais prometteuse.
Score par période : 23-13, 19-16, 22-29, 18-15
Evaluations collectives 98 / 81
