Avant cette rencontre, aucune des deux équipes n’avait la certitude de figurer parmi les sept premiers à l’issue de la première phase. L’enjeu était donc majeur. Pour Lorient, encore marqué par un mois de janvier douloureux et une série de revers qui avait entamé les certitudes, cette rencontre s’inscrivait toutefois dans la continuité d’un premier signal positif : la victoire récemment acquise à Tours, perçue comme un point de départ possible vers un renouveau. Une épée de Damoclès planait néanmoins au-dessus du CEP et de son nouvel entraîneur, Thomas Le Roux, avec quatre matchs à négocier comme autant de finales pour espérer rester dans la poule haute.
Dans ce duel âpre, souvent heurté, parfois décousu, Lorient a fini par s’imposer face aux Sables-d’Olonne. Une victoire qui ne fut ni facile ni linéaire, mais qui en dit long sur l’état d’esprit retrouvé d’un groupe qui avance encore comme un animal blessé : prudent, parfois fébrile, mais animé par un instinct de combat retrouvé. Les Lorientais ont rapidement su tirer profit des maladresses et des ballons perdus vendéens pour prendre les commandes de la rencontre. Les visiteurs, en manque de vigilance dans les duels défensifs, ont eu du mal à contenir les initiatives locales. Pourtant, loin de sombrer, les Sables-d’Olonne sont restés au contact, recollant au score juste avant la pause grâce à l’adresse de leurs principaux scoreurs. Au retour des vestiaires, Lorient repartait avec de meilleures intentions, parvenant à se constituer une légère avance grâce à une belle réussite extérieure et à une baisse de régime passagère des visiteurs. Et notamment un duo d’intérieurs en mode « démolisseur ». Mais les vieux démons n’étaient jamais loin. Une nouvelle baisse d’intensité en jeu et une petite succession de maladresses, au mauvais moment, permettait aux Vendéens de se relancer une fois encore. Le dernier quart-temps fut électrique. Les Sables-d’Olonne appuyaient franchement sur l’accélérateur, mettant l’équipe locale sous pression. À trois reprises, les visiteurs eurent l’occasion de passer devant. Mais comme souvent en basket, revenir est une chose, prendre l’avantage en est une autre. Lorient a vacillé, connu un très léger trou d’air, vite colmaté par un effort collectif remarquable. Thomas Le Roux faisait tourner son effectif, et les Lorientais s’arrachaient avec énergie pour reprendre une courte avance qu’ils conservaient jusqu’au buzzer final.
Avec cette victoire, Lorient confirme un renouveau déjà entrevu lors du succès à Tours. L’essentiel est ailleurs : le collectif se recompose, le groupe se resserre. L’équipe a retrouvé une partie de son identité défensive, longtemps marque de fabrique en début de saison. L’engagement, l’entraide et, surtout, le plaisir de jouer refont surface. Ce succès est d’autant plus précieux qu’il s’accompagne des défaites de Fougères, Rennes et Val de Seine, permettant à Lorient de conforter sa position au classement. De bon augure dans la course à la poule haute. Meilleur marqueur de la soirée, Kevin Franceschi soulignait en fin de match l’importance de cette victoire : le plaisir de retrouver une synergie collective, l’énergie du public et la confirmation d’un changement d’état d’esprit amorcé après la série noire de janvier. Un match pas toujours spectaculaire, marqué par la fatigue, mais un combat gagné face à un adversaire redoutable. Mohamed rappelait, lui aussi, la nécessité de se racheter après la contre-performance précédente à domicile et insistait sur l’importance de rester mentalement fort pour la suite. Thomas Le Roux, enfin, se montrait lucide mais satisfait de l’engagement et l’état d’esprit de ses joueurs. Rien n’est révolutionné, tout est à construire. L’objectif prioritaire — retrouver des ressources mentales — semble atteint. Reste désormais à stabiliser, assimiler, et avancer pas à pas. Lorient sait qu’il lui reste encore des finales à jouer. Mais ce soir, l’animal blessé a montré qu’il savait encore mordre.
Score par période : 20-13, 24-26, 21-15, 19-25
Evaluations collectives 97 / 88



























